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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 12:23

Jusqu’à quel point de tension la France peut-elle continuer à subir la politique allemande sans prendre la responsabilité d’une rupture ?

Septième postulat : la France a perdu définitivement son rang en Europe et suivra toujours in fine l’Allemagne. Elle ne prendra jamais la responsabilité d’une rupture avec Berlin malgré le prix de plus en plus élevé que cela implique pour elle.

Plus la crise de l’euro avance, plus la France disparaît de la scène européenne comme acteur autonome. Malgré les belles déclarations communes, le « couple franco-allemand » cache la réalité d’une Allemagne puissance dominante qui impose ses choix, sur la mise en faillite des Etats du sud, la limitation des engagements financiers des pays vertueux et la recapitalisation des banques. L’illusion d’une dynamique franco-allemande est utile à l’Allemagne pour cacher la réalité de sa puissance retrouvée et imposée qui a été révélée au grand jour en juillet 2011. L’Allemagne, seule, a alors imposé un restructuration de la dette grecque à la BCE et à la France.

Le prix à payer pour la France de cet alignement imposé sur les vues allemandes a un prix de plus en plus élevé. Depuis 1999 déjà, la politique mercantiliste allemande a ruiné une bonne part de l’industrie française. Il est vrai que les 35 heures, auto-infligés à l’économie française par le gouvernement Jospin n’ont rien arrangé. Avec la perspective de plus en plus probable d’une dégradation de sa note souveraine, la France redoute maintenant de tomber du mauvais coté, celui des perdants de la zone euro et l’Allemagne ne mettra pas en péril sa propre solvabilité pour la soutenir. Avec moins de croissance, éventuellement même une entrée en récession, la France risque d’entrer dans le cercle infernal austérité-récession très dangereuse politiquement.

La capacité de la population française et des élites nationales à accepter de voir la France disparaître comme puissance européenne n’est toutefois pas certaine. De gré (via les élites) ou de force (via le peuple), les dirigeants Français pourraient devoir prendre la responsabilité d’une rupture avec l’Allemagne et rééditer un sursaut toujours réalisé dans le passé tumultueux des relations franco-allemandes.   

 

 Conclusion

La continuation de la crise de l’euro sans bouleversement majeur en Europe (saut fédéral complet ou dislocation de l’euro) reste encore le scénario le plus probable pour les prochains mois.

A plus long terme, le point d’atterrissage pour l’Europe repose sur autant de points de rupture – au moins sept ici identifiés – dont le franchissement fera « tomber » l’Europe d’un côté ou de l’autre de l’éventail des possibles.

Au regard de l’histoire, le scénario d’une Europe unifiée, renforcée et germanisée à l’horizon 2030 (eurobonds, interventions limitées de la BCE, fédéralisme budgétaire et politique, austérité généralisée, mise en faillite ordonnée au sud, alignement de la France sur l’Allemagne) semble plutôt improbable malgré les certitudes assénées par les « experts ».

Les réponses qui seront données à ces sept questions orienteront le destin des peuples européens au XXIe siècle.

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  • : Le blog Euro-crise propose un regard d'expert engagé sur la crise de l'euro dans le but de contribuer activement au débat public sur un sujet majeur pour l'avenir de la France et de l'Europe. Il est animé par une équipe pluridisciplinaire constituée d'acteurs d'horizons divers (banque, institutions publiques, enseignement).
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